Noël à Pécs
Christmas in Pécs
Weinachten in Pécs
Karácsony Pécsen
Après un merveilleux (mais trop court) week-end à Vienne et quasiment toute une journée en bus (eh oui, Vienne-Budapest, Budapest-Pécs, ça fait un sacré bout de route !), le lundi 22 décembre, j'arrive enfin à Pécs.
Judith, merci encore ! J'ai vraiment passé un super Noël avec toi ! Bon, je commence bien, avec mon jeu de mots bidon ! Non, sérieusement, c'était sympa, nos expéditions chez les "résistants" pour s'acheter à manger !
Je m'explique, parce que c'est un peu une "private joke" ! En Hongrie, vous n'avez pas intérêt à faire vos courses de Noël à la dernière minute, sinon vous vous retrouverez chocolat - et voilà, ça me reprend ! Encore un jeu de mots bidon ! Décidément, je ne sais pas ce qui m'arrive ! C'est peut-être parce que je suis en manque de cinéma, que je dis des bêtises pour ne pas déprimer ! Je n'ai pas mis les pieds dans les salles obscures depuis mon arrivée en Hongrie ! Plus de ciné depuis trois mois ! Au secours, je vais mourir ! C'est une drogue dont je ne pourrai jamais me sevrer ! Mais à Veszprém, aucun film en V.O. à l'horizon ! Alors je me contente de la télé hongroise... Quand mon coloc regarde des mangas japonais sous-titrés en hongrois et que j'essaie de suivre, autant vous dire que je suis complètement "Lost in Translation" (Voilà, qu'est-ce que je vous disais ? Je suis complètement accro ! D'ailleurs, si vous n'avez pas vu ce film génialissime, courez aussi vite que Forrest Gump pour le louer tout de suite !)
Mais revenons à nos moutons (enfin, nos dindes aux marrons, devrais-je dire, c'est plus de saison ! Il faudra attendre Pâques pour que le mouton soit d'actualité). En Hongrie, donc, les supermarchés ne sont pas ouverts toute la journée le 24 décembre, mais seulement le matin. Et comme la veille on avait passé la soirée en "séances lecture" et que Milan Kundera est un auteur captivant (si vous ne l'avez encore jamais lu, précipitez-vous à la bibliothèque la plus proche de toute urgence !), on s'est levé trop tard pour les courses et seules quelques petites épiceries faisaient encore de la résistance.
La cathédrale Saint-Pierre (qui est en fait une basilique, mais bon, tout le monde l'appelle cathédrale) / Saint Peter cathedral - which, in fact, is a basilica, but everyone calls it cathedral - / Sankt Peter Dom (In Wirklichkeit ist es eine Basilika, aber alle Leute nennen es Dom) / Szent Péter Székesegyház


Pour le chevalier qui sommeille en vous, voilà les remparts. / For the knight that is in you, here are the old city walls. / Für den Ritter, der in euch ist, hier sind die Stadtmauer. / A lovagnak aki benned van, itt van a bástya.


Mais les remparts n'ont pas suffi pour empêcher la prise de la ville par les Turcs en 1543, dont le plus important vestige est l'ancienne mosquée du pacha Kassim Gazi.
But the city walls were not enough to prevent Pécs from being taken by the Turks in 1543. The most important vestige of the Turkish occupation is the former mosque of the pasha Kassim Gazi.
Aber die Stadtmauer waren nicht genug um die Türken hindern, Pécs zu erobern 1543. Die wichtigste Spur der türkische Besetzung ist die alte Moschee des Paschas Kassim Gazi.
De a bástya nem volt elég a Törökök ellen, 1543 meghódittak Pécset. A legfontosabb emléke a török kornak a pasának Gazi Kassimnak a régi mecsete.


En 1686, lorsque la ville passe aux mains des Habsbourg, on ajoute une croix au-dessus du croissant musulman et la mosquée sert depuis ce temps d'église. A l'époque, l'heure n'est pas au dialogue interreligieux, mais aujourd'hui, au moment où la lutte contre les extrémismes de tous bords importe plus que tout, on pourrait lire le croissant surmonté de la croix comme un beau symbole de paix entre les peuples. Quand j'ai vu l'édifice pour la première fois, les symboles des deux religions ainsi réunis m'ont tout de suite fait penser au philosophe Averroès et au magnifique film que lui consacre Youssef Chahine, Le Destin. Et, fort heureusement, aujourd'hui, la Hongrie entretient avec son ennemie d'antan des relations tout à fait amicales. La preuve en est que Pécs est jumelée avec la ville turque de Kütahya depuis 1981./
In 1686, when the city was taken from the Turks by the Habsburgs, a cross was added on the dome of the mosque, which became - and still is - a church. At that time, interreligious dialogue was out of the question, but today, when fighting all kinds of extremism is the most important thing ever, we could read the Christian cross and the Muslim crescent together on the same building as a beautiful symbol of peace. When I saw the mosque for the first time, the two religious symbols thus united made me think right away about the philosopher Averroes and the wonderful movie that tells his life, Destiny, by the Egyptian director Youssef Chahine. Fortunately, today, Hungary has a friendly relationship with its former ennemy. A proof of this friendship is that Pécs and the Turkish city of Kütahya became twin cities in 1981.
1686 befreien die Habsburg Pécs von den Türken und ein Kreuz wird am Dach der Moschee gestellt. Dann wird die Moschee eine Kirche. Zu dieser Zeit dachtet niemand an Dialog zwischen Religionen, aber heute ist es sehr wichtig Extremismus zu kämpfen und wir könnten das Kreuz und die Mondsichel zusammen wie ein Symbol des Friedens sehen.
1686-ban a Habsburg a várost elfoglaltak. A mecset egy templomvé lesz. Ez az idöben, nincs dialógus a vallások között, de ma, amikor harcolni a túlzókat a legfontosobb, tudunk látni a kereszt és a félhold együtt mint egy békes szimbólum.